Usine Glaizot
L’USINE GLAIZOT Vue de l'Usine de Produits Chimiques (Usine Glaizot) Usine de Produits Chimiques (Usine Glaizot) Usine Glaizot Le Port avec vue sur le Phare de l'île Vierge - Au premier plan l'usine Glaizot. La baie, le port et les îlots vers l'île Vierge. Au premier les bâtiments de l'usine Glaizot Lilia vu de l'Aber-Wrac'h - Au premier plan l'usine Glaizot Vue générale aérienne du Port - Au premier l'usine Glaizot - Au second plan, la pointe de Lilia-Plouguerneau et l'ïle Vierge Gustave Glaizot

L’iode


La récolte du goémon est une pratique très ancienne De trés bonne heure, il a été utilisé comme engrais, et ce,  du fait que le fumier était rare.

Les plantes fourragères n’étant pas cultivées, les fermes n’avaient qu’un cheptel réduit, donc pas de fumier, d’où la nécessité du goémon.


Au XVIIe siécle, on se rendit compte que les cendres d’’algues contiennent de la soude (carbonate  de sodium) nécessaire à la fabrication du verre. Colbert, en

août 1681, fait inclure dans l’ordonnance de la Marine cinq articles concernant la récolte des algues et la manufacture royale de Paris obtient de Louis XIV

l’exclusivité de leur exploitation sur une partie de la côte normande.


1789 met fin à ce privilège. La découverte du chimiste Le Blanc d’un procédé de fabrication industrielle du carbonate de sodium porte un coup fatal à

cette industrie.


Mais, en 1811, un chimiste de l’armée napoléonienne, Bertrand Courtois, imagine d’utiliser les cendres d’algues pour remplacer les cendres de bois destinées

à purifier les nitrates de potasse nécessaires à la fabrication de la poudre. On y découvre un nouveau produit : l’iode (découverte annoncée à  l’Académie

des sciences le 29 novembre 1813).


C’est le renouveau de l’industrie goémonière. La première usine d’iode voit le jour au Conquet en 1823.


A landéda ce sont les frères Glaizot, Gustave et Jules, qui sont à l’origine de l’usine de la Palue, mais c’est surtout Gustave qui marqua le plus notre commune..

 Né à Paris le 1er janvier 1841, Il intègre, après ses études, l’Ecole des arts et manufactures. Diplomé de l’Ecole centrale en 1864, il n’a qu’une idée :

 mettre en application ce qu’il a appris.


Une suite de circonstance heureuse le conduit à l’Aber-Wrac’h. C’est là, qu’avec son frère, il va édifier l’usine qui doit traiter le goèmon.


L’usine commencée en 1872 traite pour la première fois la récolte de soude en 1874.


Le commerce semble lucratif, mais l’usine ne put rivaliser ave les nitrates du Chili riches en iode et importés en France à un coût bien moindre (900 F

le kilogramme contre 2 000 F en 1873 déjà !).


En 1879, le marché fut régulé par un organisme international qui imposa un quota de production à chaque pays afin de préserver les industries locales.


Si l’activité de l’usine Glaizot parvint à perdurer, ce fut grâce à un régime de faveur aménagé par l’Etat au profit des goèmoniers.


En 1927 la Société anonyme de Produits chimiques, regroupant plusieurs usines artisanales, dirigée M. Perrin poursuit l'activité première, y ajoutant la

production d'algine (un épaississant). On traite alors le goémon séché (le tali) puis livré directement et travaillé dans des fours fixe en 1929.

La diminution de la matière première et la concurrence étrangère conduisent à la fermeture de l'usine rasée en 1965. (5)


L'Aber-Wrac'h-Landéda 1870-1970 Localisation l'Aber-Wrac'h Information - Contact Carte l'Aber-Wrach - Landéda Film Livre Photos liens du site

Du Pain de Soude à l’Iode


Dés la fin du Moyen-âge, on utilise les cendres d’algues pour la fabrication de la soude qui rentre dans la composition du verre (exportée vers Rouen par exemple) et dans celle de la savonnerie. Les verriers utilisent la présence de carbonate de sodium comme fondant ; la soude permet d’abaisser le point de fusion de la silice dans l’industrie du verre. Cependant le verre obtenue contient des impuretés et colore le matériau de couleur verte ; il est surtout utilisé pour fabriquer des bouteilles de vin (pour l’industrie viticole bordelaise). La découverte des soudes factices obtenues par un procédé chimique dès 1790 sonne le glas de l’utilisation de la soude dans la fabrication du verre.


C’est la chimie (découverte de l’iode en 1811) qui permet la reprise de l’industrie des algues. Les propriétés médicales de l’iode sont importantes à l’époque car c’est le seul désinfectant connu très employé par l’armée. Dès cette époque, on se rend compte que la teneur en iode est plus importante sur le goémon coupé que sur le goémon d’épave (même si ce dernier est plus facile à sécher). Il faut également éviter qu’il y ait trop de sable avec le goémon car la silice au contact des iodures diminue la teneur en iode. En 1828, le procédé industriel de fabrication de l’iode est découvert. La première usine est fondée au Conquet par Launay et Villedieu, suivi de la Grande-Bretagne et de la Norvège. L’iode est utilisée en médecine, en photographie (l’iode combiné avec l’argent sert à fabriquer les sels d’argent).


Dès le XIX siècle, la production d’iode effectuée à partir des algues doit faire face à la concurrence des productions des mines de potasse d’Alsace (chlorue de potassium extrait des dépôts salifères allemands de Strassfurt) et la découverte, en 1843, du caliche ou salpêtre du Chili (minerai de nitrate de soude) dont l’extraction est moins chère. A partir de 1873, la concurrence de l’iode du Chili (pays qui pouvait produire jusqu’à 3750 tonnes par an) amène la création de mesures protectionnistes. En 1868, la société nitratière de Tarapaca (nitrate de soude au Chili) exportait vers l’Europe 15 tonnes de produit, 35 tonnes en 1875. En 1879, une convention internationale des producteurs d’iode est née qui répartit les pourcentages accordé à chaque pays.


Le Japon (débute son exploitation vers 1870) et Java se situent en dehors de ces conventions. Après la guerre de 1914, qui provoqua l’augmentation de la demande d’iode, le rétablissement du marché vers 1930 mit en lumière la situation critique des producteurs chiliens handicapés par leurs tarifs excessifs. Les lois de protection sont abolies en 1934. Néanmoins, l’Etat français accorde des subventions pour maintenir la production d’iode en France.


A partir de 1930, la production baisse à 88 tonnes et en 1934 à 50 tonnes. La crise de 1929 et l’arrivée de l’iode du Chili moins chère amène à la fermeture des usines d’extraction de l’iode à partir des algues. L’industrie française de l’iode était en crise à la veille de la guerre (1939) et cette situation s’aggravait d’une insuffisance de récolte de goémonen 1937 et 1938 (deux étés très pluvieux).


En 1939, à la veille du conflit, des usines existent au Chili, au Japon (6 firmes), aux Etats-Unis, et aux Indes néerlandaises.